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Ultra Trail de Mont Blanc 2008 Récit de la course par Arnaud Dugardin Vendredi 29 Août dernier à 18h 30 débutait l’Ultra Trail du Mont-Blanc (ou UTMB) à laquelle Bruno, Denis et moi-même avons participé, au milieu de 2 500 autres coureurs. L’itinéraire part de Chamonix, en Haute Savoie et passe à travers la Savoie, fait une excursion en Italie, transite par la Suisse et revient enfin sur Chamonix après 166 km et 9400 m de dénivelé positif. On s’était tous bien entraîné ; les 3 mois précédant la course, on a couru de 100 à 140 km par semaine, avec le plus possible de dénivelé pour habituer les gambettes à grimper et à descendre. Je me sentais prêt le jour J : la première côte fut avalée sans problème. Les choses se sont gâtées après le ravitaillement des Contamines : mon estomac ne voulait plus absorber l’eau que j’avais bue. Par fainéantise, j’avais débuté le parcours sans entamer l’eau du camel bag et me réhydratais en buvant de grands verres d’eau et de Maxim au ravitaillement. Avant le km 40, j’avais rendu le liquide ingéré pendant la course. Et Bruno avait déjà filé à un rythme soutenu (on ne l’a pas revu de toute la course) ! C’est dans ces moments que l’on doute de sa capacité à effectuer entièrement le parcours dans la limite des 46h !! L’idée d’abandonner, aussi pénible soit-elle, m’a plus qu’effleuré l’esprit. Et puis le souvenir de tous les sacrifices faits pour m’entraîner et participer revient m’assaillir : tous ces efforts pour seulement 40 km de course ? L’idée de revenir sur Lisieux après un abandon, d’expliquer cela à mon entourage m’a paru insoutenable. J’ai donc ralenti le rythme et soutenu par Denis, ai pu atteindre les Chapieux. On s’y arrête une demi-heure environ, afin de digérer aussi bien que possible le peu que l’on a absorbé. J’ai encore des nausées avant Courmayeur, plus légères que précédemment qui ralentissent notre allure. Après 78 km et environ 15h de course (samedi matin vers 9h), on arrive à Courmayeur en Italie pour se reposer un peu. Il reste encore 5000 m de dénivelé et 88 km. Et c’est Denis qui se sent mal à l’aise lorsqu’on entre dans la salle du ravitaillement : vomissements et perte de connaissance de quelques secondes. Un coureur qui assiste au spectacle suggère de consulter un médecin ; par crainte que cette consultation ne signe l’arrêt de la course pour Denis, je réponds que tout va bien, que c’est normal et qu’il n’y a pas à s’inquiéter. On dort une quinzaine de minutes. Je peux enfin ingurgiter de la nourriture (pâtes et yaourts). Je réalise pleinement alors que je ne parviendrai à Chamonix que le dimanche matin au mieux, et qu’il faudra passer une seconde nuit à marcher/courir : l’objectif des 36h ne sera pas atteint ! On quitte Courmayeur peu après 10h pour attaquer la côte qui mène au refuge Bertone. Denis ne s’est pas encore remis de ses nausées mais il suit bien le rythme. Au refuge, un bénévole de l’organisation, qui a déjà fait l’UTMB et qui semble avoir une solide expérience de trails, conseille à Denis de se reposer et de consulter un médecin s’il veut avoir une chance de finir sa course ; ce dernier s’exécute et environ une petite heure après notre arrivée au refuge, on redémarre. La journée du samedi fut chaude et le nombre d’abandons a été supérieur à celui de 2007. Denis et moi recouvrons peu à peu la santé ; les nausées et douleurs d’estomac disparaissent lentement. On attaque en fin d’après-midi l’ascension du grand col Ferret, frontière pour la Suisse. Un coureur (qui était démoralisé et à bout) se met dans nos pas en fin d’ascension et ce n’est qu’à Chamonix que nous nous séparerons. La descente du col se fait sans encombre, malgré une vitesse moyenne d’environ 4 à 5 km/h. On parvient enfin à Champex (Suisse) après la tombée de la nuit, samedi soir. Il reste encore 43 km et presque 3 000 m de dénivelé ; on décide de dormir 30 minutes pour aborder aussi sereinement que possible le dernier quart du parcours. Bien nous en a pris puisqu’il a fallu presque 13h pour boucler la fin du trail ; en effet on enchaîne trois bosses d’au moins 800 mètres chacune et la fatigue ralentit l’allure : on atteint sur certaines portions la vitesse folle de 3 km/h !! Et pourtant j’avais l’impression qu’on avançait à un rythme soutenu ; Denis et moi remettions en cause le kilométrage qui nous paraissait sous-estimé. Malgré la fatigue et notre vitesse réduite, les derniers kilomètres m’apparaissent plutôt excitants que pénibles : la proximité de l’arrivée maintient la motivation au plus haut point. L’idée que, dans quelques heures, on aura le tee-shirt ou vêtement équivalent avec l’inscription « UTMB finisher » nous donne des ailes !! Enfin l’arrivée à Chamonix le dimanche midi se fait sous les applaudissements des spectateurs anonymes qui viennent soutenir les coureurs, d'autant plus que les enfants de Denis nous accompagnent sur les derniers mètres, et cela donne du tonus pour finir en courant. Denis et moi avons mis 42h 30 min pour faire la boucle. Il y avait déjà 823 coureurs arrivés avant nous !! A peine arrivé, emporté par l’euphorie d’avoir bouclé un tel parcours, je n’ai qu’une envie : revenir l’an prochain, en visant 36h !! Quelques douleurs aux muscles des cuisses, des petits hématomes aux plantes de pieds qui disparaissent au bout de 2 jours furent les seules séquelles de ce trail. Ah si, j’ai juste oublié une grosse fatigue qui perdure environ une semaine. J’espère que ce récit vous donne envie de participer à cette formidable course qu’est l’UTMB. L’ambiance y est géniale, l’équipe des bénévoles est toujours prête à rendre service, bref c’est une expérience extraordinaire que je recommande à tous. Si je devais refaire cette course, je surveillerais beaucoup mieux mon alimentation et l’ingurgitation de boissons et favoriserais aussi les entraînements typiques trail pour descendre rapidement les chemins.
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